Instaurée dès 1954, la journée de souvenir des victimes de la déportation a été fixée au dernier dimanche d'avril. Elle permet de rendre hommage aux quelques 150 000 Français qui ont été internés dans les camps nazis. Rappel
Ils sont des hommes et des femmes, de ces gens ordinaires qui ont vécu une expérience inimaginable. Un jour, dans leur jeunesse, ils ont été arrêtés, pour ce qu'ils étaient - juifs, tsiganes - ou pour ce qu'ils avaient fait - de la résistance organisée ou non, armée ou non - ou encore, par hasard, dans une rafle ou à l'occasion d'un tragique concours de circonstances. Puis ils se sont retrouvés dans l'horreur d'un camp de concentration nazi, en Allemagne ou en Pologne. (source Mémoires de déportés)
Plus de la moitié d'entre eux y a été envoyé par mesure de répression : pour délit d'opinion, de comportement ou pour actes de Résistance. Les autres victimes étaient des Juifs ou des Tsiganes. 100 000 d'entre eux n'en sont pas revenus.
Mille communistes français ont péri dans le camp de concentration - sur les chantiers et dans les blocks d'Auschwitz-1 ou de Birkenau - ou dans les chambres à gaz du centre de mise à mort. Le convoi du 6 juillet 1942 occupe une place particulière dans la déportation de répression. Placé sous la bannière de la croisade hitlérienne contre le "judéo-bolchevisme", ses origines se mêlent à celles des fusillades d'otages et des premiers transports de juifs en France. Cependant, aucun des 1 175 hommes de ce convoi, choisis selon le critère de leur appartenance politique par les autorités militaires allemandes, n'aurait pu être déporté sans la collaboration active du régime de Vichy. (source : Triangles rouges à Auschwitz : Le convoi politique du 6 juillet 1942)
Les Allemands en premier
Les Allemands eux-mêmes en sont été les premières victimes. Dachau est ouvert le 21 mars 1933 pour mater et éliminer les opposants au régime fasciste qui vient d'arriver au pouvoir. Ainsi Margarete BuberNeumann, membre du parti communiste allemand fuit le nazisme en 1937. Elle se retrouve à Moscou où elle est arrêtée puis déportée en Sibérie.
Puis, par un "geste d'amitié" de Staline à Hitler, en 1940, elle est livrée à la Gestapo, avec d'autres prisonniers allemands et autrichiens, à Brest-Litowsk. Margarete sera internée au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück, d'août 1940 jusqu'en avril 1945. (source : Déportée à Ravensbruck)
Extermination
Eparpillés en Allemagne et dans les pays occupés, les camps deviennent le lieu de terreur ultime pour tous les résistants à l'occupant allemand et enfin l'instrument d'élimination en masse des Juifs, des prisonniers Russes et des Tsiganes. Sur le territoire français, le Struthof, un camp que l'on peut visiter ou découvrir en vidéo (Le Struthof 1941-1944, un camp de concentration nazi en France). Lorsque les Alliés libèrent les camps de concentration nazis, jusqu'à la victoire du 8 Mai 1945, ils découvrent horrifiés l'univers concentrationnaire, des hommes, des enfants, de 22 nationalités, de toutes tendances et de toutes confessions qui ont été déportés, martyrisés, affamés, détenus parfois depuis plus de 12 ans, morts pour la plupart d'épuisement, gazés, brulés. (source : Les camps de concentration nazis, 1933-1945).
Ne pas oublier
Les familles des disparus, les anciens déportés créent des lieus de mémoire dès las années 1950. Puis en 1954, une loi unscrit une journée de souvenir au calendrier français. Fixée au dernier dimanche d'avril, cette journée est l'occasion de se souvenir de tous ceux qui ont souffert et sont morts dans les camps du IIIe Reich. Elle se veut aussi la flamme qui reste allumée pour éviter d'oublier la barbarie et le danger permanent qu'elle représente :
"...Il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux tortures de la faim, du froid, de la vermine, de travaux épuisants et de sadiques représailles, non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux." (Exposé des motifs de la loi)
Cérémonies
Depuis le milieu des années 1980, le déroulement de cette journée, dont l'organisation est assurée par le Préfet de département, est notamment l'occasion de fleurir les monuments et autres lieux de souvenir sur tout le territoire français. A Paris aujourd'hui, un hommage est d'abord rendu au mémorial du martyr juif inconnu puis au mémorial des martyrs de la déportation. La commémoration se termine par le ravivage de la flamme à l'Arc de Triomphe.
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