- 21 septembre-
Parler de paix dans un monde de conflits : La communication non-violente en pratique
Parler un langage de paix consiste à communiquer sans violence, à mettre en pratique de manière concrète les principes de la Communication Non Violente. Il s'agit de donner et de recevoir des messages en se focalisant sur deux questions essentielles : qu'y a-t-il de vivant en nous ? Que pouvons-nous faire pour rendre la vie plus belle ? Pour la plupart d'entre nous, œuvrer à un changement pacifique commence par un travail sur nos propres schémas de pensée, sur le regard que nous portons sur nous et les autres, et sur les moyens que nous utilisons pour satisfaire nos besoins. Ce travail fondateur représente à bien des égards le plus grand défi de celui qui aspire à diffuser la paix en paroles et en actes. En effet, il demande de notre part une grande honnêteté et une grande ouverture, l'apprentissage d'un certain vocabulaire et le dépassement de comportements acquis, profondément ancrés en nous, faisant la part belle au jugement, à la peur, à l'obligation, au devoir, à la punition, à la récompense et à la culpabilité. Ce travail n'est certes pas toujours très simple, mais les résultats en valent la peine.
Faire la paix dans les régions du monde
La tradition des nations comme celle des hommes les porte à s'affronter quel qu'en soit le prix. Jusqu'en 1945, le continent européen est le premier champ de bataille. La fondation des Communautés Européennes sanctionne les désastres des guerres mondiales et institue les pensées de la paix et de la coopération. Ensemble, les Européens de l'Ouest prospèrent. Ils n'ont en revanche aucune curiosité pour les rencontres pacifiques sur les autres continents ; plusieurs pays continuent à parier sur le bellicisme en vendant des armes.
Un demi-siècle a passé et le libre échange mondial menace d'emporter les rapprochements régionaux. Si le capitalisme sans frontières concourt au développement de certaines régions, il rompt les solidarités. Les plus pauvres sont abandonnés en chemin. Des semblants de solution sont recherchés dans un regain de nationalisme. Les solidarités doivent être réinventées dans l'ouverture des nations à leurs voisines et dans l'organisation des relations entre les régions du monde. Parce que fondées sur la confiance et sur la solidarité du fort au faible, les intégrations régionales qui ne se réduisent pas au commerce offrent des moyens d'action au service de tous. La reconnaissance mutuelle de ces expériences est un fil d'Ariane dans le labyrinthe de la mondialisation.
Paix et Désarmement culturel
A la poursuite de la paix dans le monde, nous dit Raimon Panikkar, l'homme devrait commencer par se remettre en quête de sa propre humanité : Toute attitude qui suppose un rapport de forces, comme l'idée de vaincre ou de convaincre l'autre, est intrinsèquement contraire à la paix. Et de fait, même victorieuse, dit le Mahâhharata, ce type d'attitude porte en elle la défaite, la défaite de la paix car elle prépare la revanche, et nourrit le cycle sans fin de la violence. Nous devons procéder à un désarmement culturel. Sous couvert d'universalisme des droits de l'homme et de la démocratie, une certaine culture dominante dans ce que nous appelons le "premier monde" veut l'hégémonie mondiale : elle est pétrie d'arrogance technologique, de soif de pouvoir, d'intérêts économiques et de complexes de supériorité. Pour que règne la paix sur la terre, nous devons accomplir une révolution intérieure, vaincre notre inertie et accepter de regarder la réalité à partir du point de vue de l'autre. Début
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