Instituée par l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), la 2e Journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité a lieu le 2 novembre prochain. Explications
L’ADMD, agréée par le ministère de la santé pour siéger dans les instances hospitalières ou de santé publique, milite pour permettre à chacun d’avoir une fin de vie conforme à ses conceptions personnelles de dignité et de liberté. Dans cette perspective, l’ADMD qui entend obtenir le vote d’une loi légalisant l'euthanasie, a choisi la date du 2 novembre, jour des défunts, pour lancer en 2008 la première journée mondiale consacrée au sujet.
L'association estime que "le vote de cette loi mettrait la France au diapason des législations et des pratiques belges et hollandaises, pays où la légalisation de l’aide active à mourir a eu pour corollaire le nécessaire développement des soins palliatifs de telle sorte que soit en toutes circonstances préservée la liberté de choix du patient, le recours à l'euthanasie ne devant pas être envisagé comme une alternative à un défaut d'accès aux soins palliatifs."
Des affaires récentes
« Les affaires douloureuses ne cessent d’interpeller les Français qui se déclarent depuis près de 20 ans, de manière constante, en faveur de l’euthanasie » déclarait en 2008 Jean-Luc Romero, président de l'AMD.
Après l’affaire Chantal Sébire, cette enseignante française atteinte d'une tumeur rare de la face, et dont la médiatisation des souffrances, puis le décès en mars 2008, avaient ravivé le débat sur l’euthanasie en France, le gouvernement avait chargé le député Jean Leonetti de faire le point sur la loi sur la fin de vie, votée en avril 2005, dont il était l’investigateur.
Vivre ou laisser mourir
Respecter la vie, accepter la mort
Comment appréhender la fin de vie dans une société - la nôtre - où la mort ne fait plus partie de la vie, n'est plus acceptée comme le terme naturel ?
Jean Leonetti est député et médecin : c'est à ce double titre qu'il a présidé, an sein de l'Assemblée nationale, la mission d'information sur l'accompagnement de la fin de vie.
Créée le 15 octobre 2003 après l'été caniculaire et la mort de Vincent Humbert, elle s'est attachée à appréhender cette problématique complexe et taboue, sans a Priori, à l'écoute d'historiens, de philosophes, de médecins, de religieux, de juristes.
C'est cette plongée dans l'humain, qui a finalement suscité plus d'interrogations que de réponses, que raconte Jean Leonetti. Tout le propos de ce livre est de nous rassembler sur une question douloureuse et si contemporaine, et d'expliquer qu'on peut concilier la liberté de choisir sa mort et le respect de la vie.
Mission Leonetti
La mission est restée en-deçà des demandes des différentes associations. Le fait de "donner la mort à un tiers sur sa demande" reste un homicide volontaire. Son rapport déposé fin 2008 préconise entre autres dispositions possibles, la création d'une procédure collégiale pour décider de l'arrêt -ou non- d'un traitement médical en fin de vie. Proposition aussi de la mise en place d'un "observatoire des pratiques médicales de fin de vie", de mieux faire connaître la légilsation en la matière.
Faisant suite à une autre propostion du rapport, l'Assemblée nationale française a adopté en février dernier la création d'une allocation d'accompagnement de fin de vie. Une rémunération journalière de 47 euros durant trois semaines devrait ainsi être versée à un salarié désirant s'absenter pour assister un proche en fin de vie. L'Association pour le droit de mourir dans la dignité a demandé "une allocation pour tous les accompagnants de tous les patients en fin de vie, sans condition d'accès aux soins palliatifs et financée intégralement par la solidarité nationale". Déposé au Sénat pour examen par la commission des affaires sociales le projet de loi est en attente depuis lors.
Mourir dans la dignité
Quand un médecin dit oui
Aujourd'hui, l'allongement de la durée de la vie a trop souvent pour corollaire l'acharnement thérapeutique.
Certaines personnes qui, en toute lucidité, demandent à disparaître, se voient opposer un refus proche de l'abus de pouvoir. Catherine Leguay, militante de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, a recueilli les histoires de ceux qui souffrent de l'interdiction légale de l'euthanasie.
Parmi ces témoignages, ceux des proches et des patients de Bernard Senet. Médecin généraliste, il relate les moments passés auprès des malades qu'il a suivis pendant des mois. Le philosophe André Comte-Sponville apporte également sa contribution en développant une réflexion sur la mort, ce prolongement naturel de l'existence désormais nié par notre société.
Ces trois humanistes, éclairant le douloureux mais nécessaire débat sur l'euthanasie, permettent d'en comprendre les enjeux humains, médicaux et légaux.
Le gouvernement français déclare quant à lui vouloir développer l'offre des soins palliatifs d'ici les années à venir.
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