Konrad Lorenz fut l'un des savants les plus appréciés de son siècle. Explications
Lorenz s'est beaucoup intéressé aux comportements sociaux des animaux, aux rites plus particulièrement. Il a ainsi appris que l'oie sauvage, son animal préféré, peut tomber en dépression si on modifie une seule de ses habitudes, fût-elle insignifiante et inutile en apparence.
Konrad Lorenz, considéré comme le père de l'éthologie, aura été l'un des savants les plus aimés de son siècle. Il a connu une grande popularité par le biais de livres tels que Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons ou L'agression : une histoire naturelle du mal.
Konrad Lorenz montre que l'agression n'a, en ellemême, rien de pathologique ou de " mauvais ", mais qu'elle est un " instinct " qui, comme beaucoup
d'autres, aide à la survie des espèces.
L'éthologie
Parmi les grandes avancées scientifiques récentes, le graduel effacement de la frontière entre l'homme et l'animal est des plus surprenants. Il semble que tous les éléments traditionnellement utilisés pour signaler la spécificité humaine (fabrication et emploi d'outils, vie sociale complexe, communication élaborée) se retrouvent dans le monde animal. Est-ce effectivement le cas ?
L'observation des comportements animaux (l'éthologie) est devenue une science majeure et d'autant plus passionnante qu'elle se prête aisément à l'anecdote et au récit factuel. Cette science multidisciplinaire, au-delà de notre regard sur l'animal, modifie le regard que nous portons sur notre propre espèce.
Les dangers qu'il est possible d'éviter
C'est l'agressivité qui, par exemple, sélectionne les sujets les plus forts et les plus aptes à la reproduction. Mais si le comportement agressif peut être parfois exagéré jusqu'à devenir nuisible et manquer son but, l'évolution a toutefois " inventé " des mécanismes ingénieux pour diriger cette agressivité vers des voies inoffensives. Chez l'homme, à qui manque malheureusement ce dispositif de sécurité, l'instinct d'agression semble avoir dépassé son utilité depuis que les armes modernes ont multiplié les possibilités de destruction.
Lorenz pense que l'étude de la conduite des animaux peut encore nous indiquer les dangers qu'il est possible d'éviter. En se penchant avec un humour attentif sur les mariages des oies sauvages, les combats territoriaux de certains poissons ou les inhibitions quasi morales des loups, il entraîne le lecteur vers des réflexions imprévues, toujours profondes.
Histoire naturelle du comportement
Discipline peu connue, l'éthologie tend à se populariser. Elle est en effet longtemps restée dans l'ombre de l'entomologie, de la zoologie ou du béhaviorisme.
Mais sa contribution à des découvertes telles que le décryptage du langage des abeilles, lors de leur fameuse danse, ou bien son étude de la sexualité des singes bonobos, comme fondatrice du lien social, a prouvé l'originalité de son approche.
Cette dernière consiste, dans son étude de la constitution du comportement, à ne privilégier ni les facteurs du déterminisme physique ni ceux de l'apprentissage. Car son but n'est pas de les opposer mais de montrer en quoi ils interagissent pour chaque espèce – y compris celle des hommes.
L'inné et l'acquis
C'est par des observations que Lorenz en est venu à la conclusion que les comportements des animaux sont pour l'essentiel innés, même s'ils se présentent sous forme de séquences dont certains segments sont acquis.
Le phénomène de l'empreinte, décrit pour la première fois par Lorenz, illustre bien la part de l'inné et de l'acquis dans le comportement animal. A un stade précis de sa vie, le petit animal s'identifie à un autre être vivant, quel qu'il soit, et il a ensuite tendance à le suivre tout le temps. C'est, précise Lorenz, la nature (l'inné) qui lui dit suis, et c'est la culture (l'acquis) qui lui dit qui suivre. Début

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