Les Droits de l'Homme et l'ONU sont parfois remis en cause ou pointés dans leurs contradictions. Présentation de deux livres et points de vue , pour alimenter le débat.
Les Nations Désunies
Comment l'ONU enterre les droits de l'homme
Lorsque le Secrétaire général Kofi Annan prend ses fonctions en 1997, un an avant les fastueuses célébrations du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits l'homme, il se donne pour mission d'engager un programme de réformes en profondeur de l'ONU, afin qu'elle corresponde aux nouvelles réalités du monde.
En quelques années, tous les nouveaux mécanismes créés depuis le tournant du millénaire n'ont fait qu'aggraver le délitement de l'institution. Au fil du temps, les attaques contre l'héritage des Lumières, contre la démocratie, les libertés individuelles et l'égalité avaient trouvé différents chemins pour s'exprimer.
Mais au lendemain de la Conférence mondiale contre le racisme à Durban en août 2001 et des attaques contre les tours jumelles à Manhattan le 11 septembre 2001, on a assisté à une offensive sans pareille, menée notamment par l'Organisation de la conférence islamique, par la Chine, par la Russie et par Cuba... pour l'adoption de nouvelles normes totalisantes, visant à limiter la liberté d'expression, condamner la laïcité, et remettre fondamentalement en péril les avancées des droits des femmes depuis cinquante ans.
Alors que le monde s'apprête à répéter à l'usure, tel un mantra planétaire, le " Nous les peuples " de la Charte et les articles de la Déclaration universelle, force est de constater que soixante ans après, le rêve des fondateurs s'est transformé en cauchemar.
Le droit et les droits de l'homme
La politique contemporaine fait grand usage des " droits de l'homme ". Et s'il s'agissait d'une expression mal formée, d'une idée mal pensée, s'il n'y avait pas du droit de l'homme ? Telle est l'hypothèse profonde et paradoxale du livre de Michel Villey ; tel est son objet : une critique droits de l'homme. Il l'entreprend et la mène à l'aide d'une histoire du concept de droit, celui qu'inventèrent les Romains et qu'ils léguèrent à l'Europe.
Au début, était le droit romain... Ce terme désignait le partage des biens et charges extérieures, ou la part de choses attribuée à chaque citoyen à l'intérieur d'un groupe social, ce terme visait un rapport entre des hommes. Mais lorsqu'on extrait de la morale sa définition des devoirs envers tous les hommes, et qu'on y substitue l'idée d'un droit universel, égal pour tous, on aboutit à une contradiction.
C'est par confusion entre la morale subjective et le droit, estime Michel Villey, qu'à l'époque moderne des théologiens ou philosophes, non juristes, ont introduit l'idée fallacieuse d'un " droit de l'homme " au singulier. Le Droit et les Droits de l'homme est une invitation à repenser l'histoire et la philosophie du droit, la différence entre la pensée juridique des anciens et celle des modernes. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.