- 2 -
Le Chant des Partisans
En mai 1943, dans l'enceinte du pub de Coulsdon The White Swan dans la banlieue sud de Londres, les deux hommes composent les paroles du « Chant des Partisans », voué à devenir le chant de ralliement de la Résistance, et Kessel publie, en hommage à ses combattants, L’Armée des Ombres. Il finit la guerre, capitaine d’aviation, dans une escadrille qui, la nuit, survole la France pour maintenir les liaisons avec la Résistance et lui donner des consignes.
Les Cavaliers
À la Libération, Joseph Kessel reprend son activité de grand reporter, voyage en Palestine. Il reçoit le premier visa du tout nouvel état d'Israël quand il se pose à Haïfa, le 15 mai 1948. Il continue ses voyages, ces fois-ci, en Afrique, en Birmanie, en Afghanistan. C’est ce dernier pays qui lui inspire son chef-d’œuvre romanesque, Les Cavaliers (1967).
Entre-temps, il a publié Les Amants du Tage, La Vallée des Rubis, Le Lion, Tous n’étaient pas des anges, et fait revivre, sous le titre Témoin parmi les hommes, les heures marquantes de son existence de journaliste.
En 1950 paraît Le Tour du Malheur, livre comportant quatre volumes. Cette fresque épique, que l'auteur a mis 20 ans à mûrir, contient de nombreux éléments de sa vie personnelle et occupe une place à part au sein de son œuvre. Elle dépeint les tourments d'une époque (La Grande Guerre puis l'entre deux guerres), des personnages sans commune mesure dans leurs excès et une analyse profonde des relations humaines.
L’Académie française lui ouvre ses portes
Consécration ultime pour ce fils d’émigrés juifs, l’Académie française lui ouvre ses portes. Joseph Kessel y est élu le 22 novembre 1962, au fauteuil du duc de La Force, par 14 voix contre 10 à Marcel Brion, au premier tour de scrutin. Il tient à faire orner son épée d'académicien d'une étoile de David.
« Pour remplacer le compagnon dont le nom magnifique a résonné glorieusement pendant un millénaire dans les annales de la France, déclara-t-il dans son discours, dont les ancêtres grands soldats, grands seigneurs, grands dignitaires, amis des princes et des rois, ont fait partie de son histoire d’une manière éclatante, pour le remplacer, qui avez-vous désigné ?Un Russe de naissance, et juif de surcroît. Un juif d’Europe orientale…
Vous avez marqué, par le contraste singulier de cette succession, que les origines d’un être humain n’ont rien à faire avec le jugement que l’on doit porter sur lui. De la sorte, messieurs, vous avez donné un nouvel et puissant appui à la foi obstinée et si belle de tous ceux qui, partout, tiennent leurs regards fixés sur les lumières de la France. »
Hommage
Citons encore ce bel hommage rendu à Joseph Kessel par François Mauriac, dans son Bloc-notes : « Il est de ces êtres à qui tout excès aura été permis, et d’abord dans la témérité du soldat et du résistant, et qui aura gagné l’univers sans avoir perdu son âme. »
Il meurt le 23 juillet 1979 entouré des siens. Un prix littéraire, le Prix Joseph Kessel, récompense chaque année un écrivain qui s'inscrit dans la lignée du romancier. Début
page 1 | page 2 | Librairie
En savoir plus
Entretiens avec Paul Guimard (1956)
Joseph Kessel, ou, Sur la piste du lion
Entretiens avec Joseph Kessel - Coffret 2 CD

Autres personnalités