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Emmanuel Poiré dit Caran D'Ache fut un pionnier de la bande dessinée sans paroles. Son style graphique a fait école. Aperçu biographique
Emmanuel Poiré dit Caran D'Ache : (ce pseudonyme est une transposition fantaisiste du mot russe qui signifie « crayon »), est né à Moscou le 6 novembre 1858. Il est le descendant d'un grognard de l'Empire, qui, par amour, était demeuré en Pologne avant de se fixer définitivement en Russie.
Maître du genre des " Histoires sans paroles" qui déroulent, en une séquence de quelques images, une anecdote saillante, un drame burlesque ou un gag poivré, Caran d'Ache est aussi l'observateur acerbe de ses contemporains et de leurs ridicules, qu'ils soient bourgeois satisfaits, femmes légères, peintres bohèmes, militaires bravaches ou politiques ventripotents.
Dessinateur de presse
Ce célèbre dessinateur de presse, collaborateur du Rire, du Chat Noir, de La Vie Parisienne, de La Caricature et du Figaro, dirigea avec Forain l’hebdomadaire Psst. Son dessin assurément le plus connu est le raccourci saisissant qu'il fit, le 14 février 1898, dans les colonnes du Figaro, des querelles parfois familiales nées de l'Affaire Dreyfus, qui divisa profondément la France à la charnière des XIXe et XXe siècles.

Sous l'impulsion de Caran d'Ache, la presse française s'ouvre à la bande dessinée d'humour. Il introduit en effet en France ces pages, muettes ou à courte légende, déjà utilisées en Allemagne et qui préfigurent le comic strip. L'influence du dessinateur allemand Wilhelm Busch est assez forte.
Cinq ans dans l'armée
Caran d'Ache restera fidèle toute sa vie à l'image héroïque qu'il s'est faite de son ancêtre et de l'épopée de celui-ci dans les armées de Napoléon. Dès son arrivée en France en 1877, il contracte un engagement de cinq ans dans l'armée. Lorsqu'il collabore à La Caricature, c'est encore avec des scènes martiales ; et quand il inaugure le théâtre d'ombres du Chat-Noir, il évoque les campagnes de la Grande Armée.
À partir de 1886, il publie ses dessins humoristiques dans Le Chat noir, Le Tout-Paris, La Vie militaire, La Caricature, Le Journal, entre autres. Il s'essaye également à la bande dessinée en 1885, sur le modèle töpferrien, avec l'Histoire de Marlborough. Il devint rapidement une personnalité en vue du « Tout Paris ». Son accent russe, son côté dandy ajoutaient du pittoresque à son talent. Lire la suite