Contrairement à Guizot, qui voit l'histoire de France comme une longue émancipation des classes moyennes, Tocqueville pense que la tendance générale et inévitable des peuples est la démocratie.
Selon lui, celle-ci ne doit pas seulement être entendue dans son sens étymologique et politique (pouvoir du peuple) mais aussi et surtout dans un sens social. Pour Tocqueville, il y a quasi équivalence entre la démocratie (au sens politique) et l'égalité des conditions.
L'égalité est un principe
Tocqueville va montrer les mécanismes par lesquels on tend vers l'état de la société : l'égalité est un principe, l'égalisation un processus. La question est de savoir comment et pourquoi la société démocratique est appelée à suivre un tel mouvement. En choisissant de se replier sur ce que Tocqueville appelle « la petite société », les individus renoncent à exercer leurs prérogatives de citoyen. Pour Tocqueville, le changement social résulte de l'aspiration à l'égalité des hommes.
Tocqueville et le devenir de la démocratie: La perversion de l'idéal
Premier théoricien politique moderne, Tocqueville montre que par-delà l'observance passive des institutions, l'équilibre harmonieux de l'égalité et de la liberté passe par une ouverture sur l'Autre et sur autrui sans laquelle l'organisme social risque de se figer dans un système de procédures. La singularité démocratique apparaît alors dans la façon dont les échanges interindividuels se trouvent sous-tendus par une exigence de communication ou l'élaboration de la chose publique relève d'une discipline à la fois morale et intellectuelle inscrite dans la conscience des agents sociaux.
Un " instinct " métaphysique
L'hégémonie du marché et la soumission des rapports humains à la loi du profit représentent une perversion de l'idéal démocratique conçu par les Lumières.
En associant le devenir des sociétés libres à un " instinct " métaphysique inhérent à l'homme, Tocqueville offre à cette perversion une issue inédite.
---- Alexis de Tocqueville
L'action émancipatrice de la religion telle que Tocqueville la définit dans sa première oeuvre ne compromet en rien les fondements rationnels de l'Etat de droit. Supplément nécessaire au dynamisme interne de la communauté, elle contribue bien plutôt à faire de la démocratie la seule structure politique dans laquelle le processus de civilisation s'engendre à partir de la faculté des hommes à s'auto-éduquer afin de mettre en forme, symboliquement et pratiquement, leur propre destinée.
Théoricien du colonialisme
Pour Tocqueville, si l'humanité doit choisir entre la liberté et l'égalité, elle tranchera toujours en faveur de la seconde, même au prix d'une certaine coercition, du moment que la puissance publique assure le minimum requis de niveau de vie et de sécurité.
Egalement théoricien du colonialisme, légitimant l'expansion française en Afrique du Nord (1841-1846), Tocqueville fustige néanmoins la barbarie des armées françaises en Afrique, s'oppose à l'application du régime militaire en Algérie (1848), et défend parmi les premiers l'abolition de l'esclavage dans les colonies. Début
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