Portugal 1974
La Révolution des Œillets
La révolution des Œillets est le nom donné aux événements d'avril 1974 qui ont entraîné la chute de la dictature salazariste qui dominait le Portugal depuis 1933. Détails
La fin de ce qui était appelé l'Estado Novo a permis aux dernières colonies portugaises de prendre leur indépendance. Ces dernières sont d'ailleurs en grande partie la cause des événements de 1974 au Portugal.
En effet Les colonies africaines du Portugal - le Mozambique, l'Angola, la Guinée-Bissau, Sao Tomé-et-Principe, le Cap-Vert - entraînées par le mouvement de la décolonisation, étaient en révolte depuis le début des années 1960, et forçaient le régime à investir de plus en plus d'énergie dans une vaine guerre de pacification visant à garder la mainmise du Portugal sur les restes de son empire colonial. Une telle guerre était dans la même logique que toutes celles provoquées par les autres puissances coloniales.
L'impasse de la guerre coloniale
La jeunesse, entraînée par la conscription, et les officiers engagés dans cette guerre étaient confrontés par eux-mêmes à l'impasse dans laquelle s'engageait le régime. La guerre coloniale devenait le terreau de la révolution par les dissensions qu'elle créait dans la société civile et militaire. En février 1974, Caetano est obligé par la vieille garde de limoger le général António Spínola et ses soutiens alors qu'il tentait d'infléchir le cours de la politique coloniale portugaise, devenue trop coûteuse pour le pays.
L'élite du pouvoir divisée
Les divisions de l'élite du pouvoir deviennent visibles et c'est le moment qu'un mystérieux Mouvement des forces armées (MFA), mené par Otelo Saraiva de Carvalho, choisit pour mener une révolution. Ce mouvement est né dans le secret en 1973 par la conspiration de quelques officiers de l'armée de tendance d'extrême gauche et radicalisés par l'échec de la guerre coloniale.
Grândola, vila morena
Le 25 avril 1974 à 0h25, la radio nationale diffuse Grândola, vila morena ( Grândola, ville brune ), une chanson révolutionnaire de Zeca Afonso évoquant la liberté, la démocratie et le respect. C'est le signal que s'est donné le MFA pour s'emparer des points stratégiques du pouvoir dans le pays. Seize heures plus tard, le régime dictatorial s'effondre.
Le régime dictatorial s'effondre
Malgré les appels réguliers des « capitaines d'avril » (du MFA) à la radio incitant la population à rester chez elle, des milliers de Portugais descendent dans la rue, se mêlant aux militaires insurgés. L'un des points centraux de ce rassemblement est le marché aux fleurs de Lisbonne, alors richement fourni en œillets, dont c'est la saison. Certains militaires insurgés mettront cette fleur dans le canon de leur fusil, et ceci sera à l'origine du nom de cette révolution.
Caetano exilé immédiatement
Caetano s'est réfugié dans la caserne principale de la gendarmerie de Lisbonne. Celle-ci est encerclée par le MFA, ce qui le pousse à accepter de remettre le pouvoir au général Spínola, pour éviter que le pouvoir ne tombe dans la rue. Caetano est alors immédiatement exilé vers le Brésil.
Seule la police politique Pide oppose une résistance armée, qui occasionne la mort de six personnes, les uniques victimes de cette révolution. Cette résistance est réduite durant la nuit.
La démocratie
Après quelques années d'instabilité politique, le régime évolue dès le début des années 1980 vers la pleine démocratie telle qu'elle existe aujourd'hui au Portugal. La démocratie a permis le développement, elle a ouvert la porte au foisonnement culturel et scientifique et, de plus en plus, à l'affirmation dans des filières telles que les nouvelles technologies.
En 1985, le Portugal adhére à la CEE, actuellement Union européenne.
Livres

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