Le 27 mai 1974, en raison de son rôle décisif dans son élection, Valéry Giscard d'Estaing nomme Jacques Chirac Premier ministre. Retour sur la période politique de 2 ans qui démarre alors.
Jacques Chirac, né le 29 novembre 1932 dans le 5e arrondissement de Paris, est un homme d'État français qui a exercé les plus hautes responsabilités de la Ve République. Maire de Paris, ministre, Il siège aujourd'hui au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit depuis la fin de son second mandat de chef de l'État. Il a notamment été Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing de 1974 à 1976.
Valéry Giscard d'Estaing nomme Jacques Chirac Premier ministre le 27 mai 1974, sitôt après l’élection présidentielle. Jacques Chirac expose le 5 juin son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale, qui lui accorde le lendemain sa confiance par 297 voix contre 181. Il conserve l'appui de l'Union pour la défense de la République (UDR) , qui ne compte que cinq ministres sur quinze, alors qu'ils étaient dix sur seize dans le précédent gouvernement, dont il devient le secrétaire général, sans même en avoir été membre.
Difficiles relations
À Matignon, il instaure un style détendu et studieux, travaillant souvent en bras de chemise et les pieds sur la table, tout en débutant un bras de fer avec le président. Tous deux désirent gouverner le pays et possèdent un caractère très différent.
De plus, Jacques Chirac se voit imposer par le président un grand nombre de ministres qu'il n'apprécie pas. C'est notamment le cas de Michel Poniatowski, qui lui succède à l'Intérieur et obtient en plus le titre de ministre d'État (ce qui en fait le n°2 du gouvernement derrière Chirac), et Jean-Jacques Servan-Schreiber, tous deux fermement anti-gaullistes. Jacques Chirac se débarrasse rapidement du co-fondateur de L'Express sur la question des essais nucléaires.
Les réformes de Giscard d'Estaing et les gaullistes
« JJSS » y est opposé et le fait savoir, ce qui le pousse à la démission dès le 9 juin 1974. Pour le remplacer, Valéry Giscard d'Estaing impose à Jacques Chirac le second co-fondateur de L'Express en la personne de Françoise Giroud, qui devient secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargée de la Condition féminine le 16 juillet.
D'un autre côté, les réformes entreprises par Valéry Giscard d'Estaing surprennent puis agacent les gaullistes. Si Jacques Chirac s'investit personnellement dans la défense des plus symboliques d'entre elles, telles la majorité à 18 ans, la loi sur l'avortement, l'extension de la couverture de sécurité sociale ou la réforme de l'audiovisuel (avec l'éclatement de l'ORTF en sept entités autonomes, comprenant les trois chaînes et Radio France, tout en conservant le monopole d'État), celles-ci, ainsi que certaines actions du président telles la « poignée de main » à des détenus en prison, rendent sceptiques l'UDR et vont, selon eux, à l'encontre des idéaux de l'électorat de droite. Lire la suite