Endormir l’adversaire est plus facile quand il s’endort lui-même
La confiance en soi et le statut de favori peuvent endormir celui qui en est nanti. Soyons lucides, les All Blacks sont loin de broyer du noir et ils ont de quoi dormir tranquille pour le moment : leurs dernières (et écrasantes) victoires contre l’équipe de France sont un bon somnifère. Endormir l’adversaire est plus facile quand il s’endort lui-même. La trop grande estime des Blacks en eux-mêmes, voilà notre pièce à conviction numéro huit.
Et les autres équipes ? On n’y pense pas assez. L’Australie, l’Afrique du Sud, l’Angleterre, les Fidji, l’Ecosse et même l’Argentine sont pour l’instant des alliés de la France. En effet, une victoire du quinze français leur ôterait un sacré poids sur l’estomac. Ce soutien moral tacite et tactique qui ne durera pas plus d’une semaine, possède des vertus bienfaisantes. Il est en l’occurrence la pièce à conviction numéro neuf.
Des points d’appuis pour les crampons des joueurs français
Les éléments suivants sont plus aléatoires ou subjectifs mais ne peuvent être négligés : la chance (on peut toujours compter sur elle) et le fait de se dire que le pire est passé (la défaite en ouverture). Nous rangerons ces petites pièces à conviction dans la boîte numéro dix, étiquetée « superstitions », dans laquelle se trouvent déjà grigris et autres amulettes…
L’incertitude du résultat à ce niveau donne également des raisons d’espérer. Les chutes des favoris dans les grandes compétitions ne sont pas rares. Ce fut le cas du Brésil face à la France lors du dernier mondial de football. On peut aussi rappeler l’éjection des Blacks par les bleus lors du Mondial de rugby de 1999. Voilà autant de points d’appuis pour les crampons des joueurs français et autant de savons sous les pieds adverses…. Il ne s'agit pas de comparer la rencontre à venir au combat entre David et Goliath, mais on se souvient de certains résultats. Les enseignements de l’histoire, pièce numéro onze.
Intelligence, lucidité, solidarité et trophée
Pourquoi ne pas retenir aussi comme bonnes raisons d’y croire, l’intelligence, la lucidité et la solidarité ? L’intelligence d’abord de ne pas répondre aux provocations. Ensuite la lucidité de ne pas craindre les Néo-Zélandais plus qu’il ne faut. Enfin, la solidarité qui a soudé les joueurs jusqu’à présent continuera d’opérer. Les Français qui fouleront la pelouse de Cardiff seront bien nantis de ces trois qualités essentielles que l’on versera au dossier avec les numéros douze, treize et quatorze.
Soyons clairs, ce n’est pas de battre l’équipe néo-zélandaise qui compte, c’est d’emporter le trophée William Ellis et d’inscrire le mot France définitivement sur les tablettes. C’est de faire partie de ceux qui pourront dire l’avoir vécu. C’est de ressentir le bonheur de la victoire finale que les sportifs nous apportent. Stratégie, gestion des matches et des joueurs, beaux gestes, craintes, polémiques et autres détails s’estompent et s’effacent parfois. Seule la victoire reste. C’est cet état d’esprit qui habite les joueurs. Sinon pourquoi y être ? Le trophée du Mondial, quinzième et dernière pièce à conviction. La plus importante.