La Pologne, pays d'Europe centrale peuplé par plus de 38 millions d'habitants est l'un des hôtes de l'Euro foot 2012. Rappel historique
Nouveau membre de l'Union Européenne, la Pologne a décidé de rattraper le temps perdu. Un demi-siècle de communisme, des années de guerre, d'invasions, de dépeçages politiques et géographiques n'ont en effet jamais réussi à anéantir l'intense désir de liberté de ce peuple, son histoire, sa fierté. Un vent nouveau souffle à l'est de l'Europe et la Pologne entend bien y gonfler ses voiles, embarquer pour un nouvel avenir et retrouver sa place dans le concert des nations. Ses atouts sont nombreux. Une population jeune et volontaire, un patrimoine historique unique au monde, une terre fertile et une nature généreuse devraient lui permettre sans trop de peine de combler les lacunes d'une industrie vétuste, de gommer enfin aux yeux du monde cette image grise et triste qui a longtemps collée aux pays dits de l'Est.
Ancien État du bloc de l'Est durant la guerre froide, la Pologne est membre de l'ONU depuis le 24 octobre 1945, du Conseil de l'Europe depuis le 26 novembre 1991, de l'OTAN depuis 1999, de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004, et fait partie de l'Espace Schengen depuis le 21 décembre 2007.
Fondée au Xe siècle sur le territoire des Polanes, la Pologne devient au Moyen Âge une puissance incontournable en Europe centrale. Son premier souverain est Mieszko Ier, fondateur de la Dynastie Piast qui règne sur la Pologne de 966 à 1370. La capitale est alors Gniezno, à l'est de Poznań.
Poste avancé de l'Occident catholique romain
Poste avancé de l'Occident catholique romain et cible du Drang nach Osten, la poussée germanique vers l'est, elle fait face aux mondes orthodoxe (en Russie, Biélorussie et Ukraine), païen (les Baltes sont tardivement christianisés), et musulman avec la poussée turco-mongole. Située au carrefour de plusieurs mondes, et dépourvue de frontières naturelles, la Pologne est extrêmement exposée aux invasions. L'invasion de la Horde d'Or mongole de 1248 à 1275 ruine le pays. Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast, unifie la Pologne.
La République des Deux Nations (Rzeczpospolita Obojga Narodow), extension de l'Union de Pologne-Lituanie en existence depuis 1386, est
un système politique inédit depuis la Rome antique, où l'aristocratie exerce une sorte de démocratie parlementaire. Le roi est en effet élu par ses pairs. C'est le principe de la monarchie élective.
Rzeczpospolita
La tolérance religieuse est une autre caractéristique majeure de la Rzeczpospolita. Si la majeure partie des paysans est restée catholique (dans les années 1980, 9 polonais sur 10 sont baptisés), de nombreux nobles se sont convertis au protestantisme, luthéranisme, mais surtout calvinisme.
Mais cette tolérance religieuse se réduit progressivement au XVIIe siècle, en particulier après 1655, quand la Suède protestante envahit la Pologne La Rzeczpospolita est peu à peu victime d'un long déclin, du fait de son système politique anarchique, et des nombreuses invasions (suédoises, russes, turques, prussiennes). À la fin du XVIIIe siècle, la Pologne perd son indépendance, les partages de la Pologne se succèdent entre 1772, 1793 et 1795.
Première division de la Pologne
La première division de la Pologne, en 1772, conduit à un sursaut civique. Ce sursaut amène en 1791 à la proclamation d'une Constitution, nettement moins « révolutionnaire » que celle de la France, mais néanmoins perçue comme trop dangereuse pour ses voisins, d'où le second partage, qui provoque une révolte menée par un héros de la guerre d'indépendance américaine, Tadeusz Kościuszko. Cette révolte sert de prétexte au troisième partage quand le royaume de Pologne est rayé de la carte.
Valeureuse Pologne : Ses souverains, ses hommes d'Etat et ses personnalités remarquables
Monarchiste ou républicaine, la France entretint toujours des rapports privilégiés avec la Pologne, pays bafoué, martyrisé dans sa lutte séculaire pour préserver son droit à l'indépendance et à la liberté. Une fraternité d'armes rapprocha les deux pays dès 1154. En effet, Henryk, duc de Sandomierz, se porta avec ses troupes au secours de Baudoin, frère de Godefroi de Bouillon, autoproclamé " roi de Jérusalem ". Du temps où la Pologne était un pays plurinational, où elle subissait le joug étranger, nombre de citoyens et d'artistes se réfugièrent en France. Ces relations séculaires furent parfois malmenées par l'Histoire, nourries qu'elles étaient de préjugés générés par une méconnaissance de l'un ou de l'autre pays.
Le XIXe siècle
Tout au long du XIXe siècle, exception faite de la fin de la période napoléonienne avec le duché de Varsovie, la Pologne est écartelée, partagée entre la Russie, la Prusse (puis l'Allemagne), et l'Autriche (puis l'Autriche-Hongrie).
La Pologne ne recouvre son indépendance qu'en novembre 1918. Dès son indépendance la guerre russo-polonaise de 1919-1920 l'oppose à la Russie bolchévique. Comme la plupart des pays d'Europe du Centre-Est, à l'exception de la Tchécoslovaquie, les idéaux démocratiques des premiers temps durent peu. Le régime devient rapidement autoritaire, notamment sous l'influence du général Jozef Pilsudski, qui prend le pouvoir en 1926.
L'invasion de la Pologne (Septembre 1939)
L'invasion des forces allemandes et slovaques du 1er septembre 1939 met fin à la seconde république de Pologne et déclenche la Seconde Guerre mondiale. La Wehrmacht atteint Varsovie en 7 jours grâce à sa stratégie du « blitzkrieg » et à sa supériorité technologique. À l'est, l'invasion soviétique du 17 septembre anéantit tout espoir de résistance. Le pays est rayé de la carte, disparaissant en tant qu'État, et la Pologne est partagée pour la quatrième fois de son histoire, cette fois-ci entre l'Allemagne nazie et l'Union Soviétique.
Tandis que Staline soviétise brutalement ses conquêtes en déportant plusieurs centaines de milliers d'habitants au Goulag ou encore en faisant assassiner à Katyn des milliers d'officiers capturés (le crime ne fut reconnu par Moscou que sous Gorbatchev, puis Eltsine), les nazis entendent ouvertement réduire les Polonais à l'état de "sous-hommes" et de "peuple d'esclaves", et plongent le pays dans une terreur totale et meurtrière, responsable de la disparition en six ans de près de 20 % de la population totale.
Les Soviétiques imposent le gouvernement
À la fin du second conflit mondial, les Soviétiques imposent le Comité polonais de libération nationale comme gouvernement et conservent la partie orientale du pays. En juin 1956, des émeutes ouvrières à Poznań annoncèrent les manifestations massives d'octobre 1956, qui obligèrent les Soviétiques à accepter l'arrivée au pouvoir de Władysław Gomułka, un communiste réputé réformateur (en partie à tort). Celui-ci fut évincé en 1970 au profit de Edward Gierek lors de grèves ouvrières importantes contre la hausse des prix alimentaires.

Solidarność
En 1980, naît le syndicat indépendant Solidarność (Solidarité), dirigé par Lech Wałęsa, d'abord reconnu à contre-cœur par les autorités, et qui regroupe vite plusieurs millions d'ouvriers soutenus par les intellectuels réformateurs. Le général Wojciech Jaruzelski déclare la loi martiale le 13 décembre 1981.
La Pologne et l'intégration européenne
En 1990 Lech Wałęsa est élu Président de la République. Il est battu cinq ans plus tard par l'ancien communiste Aleksander Kwaśniewski (1995-2005). En 1993 les troupes russes quittent la Pologne. Cette période permet à la Pologne d'intégrer, et ce depuis 1999, l'OTAN. En 2003, les États-Unis lui attribuent le commandement d'une zone d'occupation en Irak. Le 1er mai 2004, elle intègre l'Union européenne. Le 23 octobre 2005, est élu le nouveau président : Lech Kaczyński. Lire la suite
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